Que se passera-t-il si le gaz naturel disparaît?

Que se passera-t-il si le gaz naturel disparaît?

Le Canada pourrait devenir un chef de file mondial dans le domaine de lénergie, mais, pour y parvenir, il devra prendre des décisions intelligentes à léchelle nationale. Lun des enjeux importants est la manière dont nous traitons notre avantage en matière de gaz naturel au Canada.

Dans de nombreux pays d’Europe occidentale, les gouvernements ont mis de côté le gaz naturel au profit de l’électrification et des pompes à chaleur subventionnées par les contribuables. Pour beaucoup, ce changement a entraîné une augmentation des coûts, une fragilisation des systèmes énergétiques et, dans certains cas, des pannes généralisées. La crise énergétique croissante en Europe, accélérée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, montre à quel point les excès politiques, l’incertitude politique, la dépendance vis-à-vis des importations et le manque de fiabilité des solutions de secours peuvent rendre les pays vulnérables. 

  

Dans le présent article, nous explorerons : 

  • Ce qui n’a pas fonctionné en Europe 
  • Comment le réseau de gaz naturel canadien nous donne-t-il un avantage concurrentiel 
  • Ce qui est en jeu 
  • Les façons dont les Canadiens peuvent contribuer à protéger notre avantage en matière de gaz naturel 

 

La crise énergétique en Europe : un avertissement pour le Canada 

Au cours de la dernière décennie, de nombreux pays européens ont mené des politiques agressives visant à remplacer les combustibles fossiles par de l’électricité renouvelable. Ce faisant, ils ont fermé des centrales nucléaires qui fournissaient une énergie fiable et à faibles émissions et ont remplacé l’énergie utilisée en fin de chaîne par de l’électricité plutôt que par du gaz naturel. En théorie, ce changement semblait ambitieux et progressiste. En pratique, cela a créé des vulnérabilités qui ont été exposées dès le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. 

Lorsque les importations de gaz naturel russe ont été interrompues, l’Europe s’est retrouvée à court d’approvisionnement fiable. Avec le recul du nucléaire et les énergies renouvelables incapables de couvrir la demande de pointe, les pays ont été contraints de se battre pour obtenir de l’énergie. Certains ont fortement misé sur les importations pour maintenir l’approvisionnement en électricité, tandis que d’autres ont encouragé une expansion encore plus rapide de l’électricité renouvelable et du stockage par batterie. Aucune de ces deux approches n’a suffi à empêcher des perturbations majeures. 

Panne généralisée en Espagne et au Portugal : En avril 2025, plus de 55 millions de personnes ont été privées d’électricité pendant plus d’une demi-journée. Avec plus de 80 % de leur électricité provenant de l’éolien et du solaire, le réseau s’est effondré lorsque l’approvisionnement a soudainement chuté. La panne a bloqué les voyageurs, paralysé les métros et les réseaux de transport, et causé près de 4,5 milliards d’euros de pertes économiques en une seule journée. 

Attaques contre le réseau énergétique ukrainien : Depuis 2022, la Russie a pris pour cible le réseau électrique et les infrastructures de gaz naturel de l’Ukraine en menant des frappes répétées. Des familles se sont retrouvées sans chauffage en plein hiver, les hôpitaux ont eu du mal à faire fonctionner leurs équipements essentiels et le pays a dû compter sur des importations d’urgence et l’aide internationale pour maintenir les services de base. 

L’Allemagne sous pression : La plus grande économie européenne a été durement touchée. Avant 2022, l’Allemagne dépendait de la Russie pour plus de la moitié de son approvisionnement en gaz naturel. Lorsque cet approvisionnement a été interrompu, le pays a dû faire face à une flambée des coûts de l’électricité et du chauffage, ce qui a entraîné la fermeture définitive de plusieurs installations industrielles et manufacturières d’envergure. Ayant déjà abandonné progressivement l’énergie nucléaire, l’Allemagne a été contrainte de revenir au charbon pour stabiliser son réseau électrique, compromettant ainsi ses objectifs en matière d’abordabilité et d’émissions. 

 

Les répercussions quotidiennes de l’insécurité énergétique 

Lorsque les systèmes énergétiques tombent en panne, les répercussions se font sentir dans les familles, les communautés et les entreprises. Dans toute l’Europe, les pénuries et les flambées des prix ont perturbé la vie quotidienne d’une manière qui atteint tous les segments de la société. 

  • Hôpitaux sous pression : Les coupures de courant ont contraint les installations critiques à recourir à des générateurs de secours, mettant en danger les patients vulnérables lorsque les réserves de carburant ont commencé à s’épuiser. 
  • Perturbations dans les transports et le commerce : En Espagne et au Portugal, les pannes de courant ont bloqué les voyageurs, les aéroports, les métros et les réseaux de transport ayant été fermés pendant plusieurs heures. 
  • Flambée des coûts pour les ménages : En Allemagne, les factures d’électricité ont atteint des sommets historiques, obligeant les familles à réduire leurs dépenses pour d’autres produits essentiels afin de pouvoir payer le chauffage et l’électricité. 
  • Entreprises sous pression : La hausse des coûts énergétiques a érodé les marges des petites entreprises à travers l’Europe, certaines d’entre elles ayant été contraintes de fermer définitivement leurs portes. 

La leçon à tirer pour le Canada est sans équivoque : Toute transition politique subventionnée par le gouvernement risque d’engendrer des répercussions importantes sur la sécurité énergétique, l’accessibilité financière et la résilience de notre pays. 

 

L’avantage énergétique du Canada 

Alors que l’Europe continue de faire face à des pénuries et des coupures d’électricité, le Canada se trouve dans une position beaucoup plus favorable. Notre avantage en matière de gaz naturel nous offre une sécurité, une accessibilité financière et une marge de manœuvre pour innover que de nombreux pays ne peuvent égaler. 

  • Infrastructure locale : Avec près de 600 000 km de pipelines et plus d’un billion de pieds cubes de stockage, le Canada dispose de l’un des réseaux de distribution les plus vastes et les plus fiables au monde. Cela permet de garantir que la population canadienne dispose de l’énergie dont ils ont besoin au moment où ils en ont le plus besoin. 
  • Indépendance énergétique : Contrairement à l’Europe, le Canada dispose d’abondantes ressources énergétiques et est largement protégé contre l’utilisation de l’énergie comme outil politique à son encontre.
  • Abordabilité : Le gaz naturel reste moins dispendieux que l’électricité, ce qui réduit les factures des ménages et permet aux entreprises canadiennes de demeurer concurrentielles.
  • Fiabilité : Le stockage souterrain et la livraison permettent au gaz de continuer à circuler pendant les tempêtes, les vagues de froid et les pannes, lorsque l’électricité est souvent la plus difficile à fournir.
  • Innovation : Le gaz naturel renouvelable (GNR), le mélange d’hydrogène et le captage du carbone sont déjà intégrés aux systèmes existants, ce qui montre que le Canada peut réduire ses émissions tout en maintenant sa sécurité énergétique. 

L’avantage énergétique du Canada provient de la combinaison de plusieurs éléments qui font souvent défaut à d’autres pays : des ressources abondantes, des infrastructures sécurisées, un approvisionnement abordable et une innovation constante. Il sera essentiel de préserver ces atouts à mesure que la demande énergétique augmentera. 

 

Le risque de suivre la voie de l’Europe 

L’avantage du Canada en matière de gaz naturel nous distingue, certes, mais nous ne pouvons pas le tenir pour acquis. Les choix que nous faisons maintenant détermineront si nous continuerons à bénéficier d’une énergie fiable et abordable ou si nous serons confrontés aux mêmes défis que ceux auxquels l’Europe est confrontée aujourd’hui. 

L’une des préoccupations concerne la volonté d’interdire le gaz naturel dans les nouveaux bâtiments, ce qui obligerait les ménages et les constructeurs à adopter un système entièrement électrique qui, par le fait même, mettrait à rude épreuve un réseau électrique qui n’a jamais été conçu pour répondre à la demande de chauffage en hiver au Canada. Ce changement entraînerait une augmentation des coûts de construction, une hausse des factures mensuelles et une réduction des choix pour les propriétaires. 

Les récentes vagues de froid ont montré à quel point le réseau est vulnérable pendant les pics de demande. Sans gaz naturel, la population canadienne risque des pannes d’électricité, des coûts plus élevés et une fiabilité réduite au moment où ils ont le plus besoin d’énergie. 

Enfin, démanteler l’infrastructure gazière du Canada reviendrait à perdre des décennies d’investissements qui ne peuvent être facilement remplacés. Nos pipelines, nos installations de stockage et nos systèmes de distribution constituent un avantage stratégique. 

L’Europe nous a déjà montré ce qui se passe lorsque les politiques vont trop loin, trop vite, sans trouver d’équilibre entre la sécurité, l’abordabilité et la durabilité. Le Canada a la possibilité d’éviter ces erreurs en protégeant les atouts dont il dispose déjà. 

 

Transformer l’énergie du Canada en leadership climatique 

Le Canada ne représente qu’une petite partie des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Même si nous éliminions complètement le gaz naturel, l’effet sur les totaux mondiaux serait négligeable. La question plus générale est de savoir comment le Canada peut utiliser ses ressources et son expertise pour avoir un impact d’envergure au-delà de ses frontières. 

Considérons la mise à l’échelle : 

  • Le Canada produit environ 1,5 % des émissions à l’échelle mondiale. 
  • La Chine produit plus de CO₂ en 36 heures que le Canada en une année entière. 
  • Le charbon produit plus de 15 milliards de tonnes de CO₂ chaque année dans le monde, principalement en Asie. 

La plus grande opportunité pour le Canada est d’aider le monde à réduire sa dépendance au charbon et aux autres combustibles à fortes émissions. 

Notre gaz naturel développé de manière responsable peut précisément répondre à ces besoins. En exportant du gaz naturel liquéfié vers des pays qui dépendent encore fortement du charbon, le Canada peut contribuer plus efficacement à réduire les émissions mondiales. 

Il ne s’agit pas ici de choisir entre l’environnement et l’économie. Le leadership consiste à reconnaître que le Canada peut renforcer son propre système énergétique tout en aidant le monde à passer à des carburants à plus faibles émissions à grande échelle. Voilà comment nous transformons notre avantage énergétique en véritable progrès sur le plan climatique. 

 

Protéger l’avenir énergétique du Canada 

Le gaz naturel est un pilier du système énergétique canadien : il favorise l’abordabilité, la fiabilité et l’innovation. 

L’expérience européenne fait valoir ce qui peut arriver lorsque la politique énergétique ignore la réalité. Les coupures d’électricité, la flambée des coûts et l’affaiblissement de la compétitivité sont les risques liés à une transition trop rapide et radicale, sans garantie de sécurité et d’équilibre. 

Le Canada dispose des infrastructures, des ressources et de l’esprit d’innovation nécessaires pour jouer un rôle de premier plan. En protégeant notre avantage en matière de gaz naturel et en l’exploitant judicieusement, nous pouvons maintenir des prix énergétiques abordables chez nous tout en aidant le monde à passer à des combustibles plus propres. 

Le choix est clair : Le Canada doit protéger ce qui fait notre force et s’en servir pour bâtir l’avenir. 

 

Agir 

La sécurité énergétique concerne tout le monde. Voici comment vous pouvez contribuer à protéger l’avantage du Canada en matière de gaz naturel : 

  • Écrivez aux élus : Dites-leur que vous soutenez le choix énergétique, la sécurité et l’innovation. 
  • Partagez ce blogue : Aidez davantage de Canadiens à comprendre les enjeux.